{"id":968,"date":"2012-12-19T21:21:42","date_gmt":"2012-12-19T20:21:42","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=968"},"modified":"2021-09-14T19:34:27","modified_gmt":"2021-09-14T18:34:27","slug":"cuvier-georges","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2012\/12\/19\/cuvier-georges\/","title":{"rendered":"Cuvier, Georges (1894-1987)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Quelques myst\u00e8res \u00e0 \u00e9claircir<\/strong><br \/>\nNous tenons, dans ce dictionnaire, \u00e0 d\u00e9finir le t\u00e9moin avant de r\u00e9sumer son t\u00e9moignage. Ici, nous ignorons les dates de sa naissance (vraisemblablement vers 1894 ou 1895) et de son d\u00e9c\u00e8s. D\u2019apr\u00e8s plusieurs indices, il semble originaire du Bordelais (Marmande ? Langon ?), d\u2019une famille qui a pu lui donner une solide instruction (il fait des citations en latin ; il lit Pascal, Bossuet, Chateaubriand).<\/p>\n<p>Compl\u00e9ments en janvier 2018 gr\u00e2ce aux informations venant de Janine Hubaut : il est n\u00e9 le 29 ao\u00fbt 1894 \u00e0 Langon, fils et petit-fils de pharmaciens.<\/p>\n<p>Il avait commenc\u00e9 des \u00e9tudes de m\u00e9decine, mais n\u2019en \u00e9tait qu\u2019au tout d\u00e9but puisqu\u2019il a servi comme t\u00e9l\u00e9phoniste au 162e RI et non dans le service de sant\u00e9. Il a repris et termin\u00e9 ses \u00e9tudes apr\u00e8s la guerre puisque, dans un avertissement, il remercie son confr\u00e8re le docteur Henri Bernard, auteur des quelques dessins illustrant le livre, et que l\u2019exemplaire entre mes mains porte une d\u00e9dicace \u00ab \u00e0 Monsieur le Docteur de Nabias, bien confraternel hommage et t\u00e9moignage de vive gratitude pour l\u2019appui pr\u00e9cieux qu\u2019il m\u2019apporte dans cette nouvelle \u00ab\u00a0guerre sans galon\u00a0\u00bb, entreprise contre le cancer, sur le terrain biologique \u00bb. On apprend encore que la m\u00e8re de Georges Cuvier a \u00e9t\u00e9 infirmi\u00e8re \u00e0 l\u2019ambulance 1\/38 pendant la guerre. Cela suffirait \u00e0 d\u00e9finir l\u2019auteur, mais cette notice lance un appel \u00e0 tous ses lecteurs : peut-on en savoir plus sur la biographie de Georges Cuvier ? pourrait-on d\u00e9couvrir une notice n\u00e9crologique le concernant ? Un myst\u00e8re de plus tient \u00e0 la date de publication du livre : <em>La guerre sans galon, \u00c0 l\u2019aventure avec le Cent-Six-Deux : des R\u00e9voltes, \u00e0 la Victoire<\/em>, Paris (80, rue de Bondy), \u00c9ditions du Combattant, sans date, 281 p. Des bibliographies proposent 1920, mais plusieurs arguments laissent penser \u00e0 une date plus tardive : d\u2019abord, le fait que le livre est publi\u00e9 alors que l\u2019auteur a termin\u00e9 les longues \u00e9tudes de m\u00e9decine commenc\u00e9es vraiment en 1919 ; ensuite le prix du volume broch\u00e9 de petit format, 12 francs, ce qui para\u00eet excessif en 1920. N\u2019oublions pas que J. Norton Cru ne le cite dans aucun de ses deux livres, pas plus que Ducasse dans son anthologie de 1932. Derni\u00e8re interrogation : il dit avoir fait la Champagne et la Somme, mais pourquoi son livre, dont le contenu est tr\u00e8s int\u00e9ressant, ne commence-t-il qu\u2019avec l\u2019offensive d\u2019avril 1917 ?<\/p>\n<p><strong>1. L\u2019Aisne (avril-mai 1917)<\/strong><br \/>\nL\u2019offensive se pr\u00e9pare, \u00e9normes tanks, coloniaux, troupes russes ; curieux sentiment \u00ab fait du d\u00e9sir d\u2019en finir avec ce long cauchemar, fait de confiance aussi, dans une issue victorieuse. Le moral de toutes les troupes est tr\u00e8s haut. D\u2019ailleurs l\u2019accumulation des moyens mis en \u0153uvre permet bien des espoirs. \u00bb Le pilonnage par l\u2019artillerie fran\u00e7aise est effrayant, mais sera-t-il suffisant ? Les cavaliers sont pr\u00eats pour la poursuite, mais, le soir, \u00ab mornes et d\u00e9tremp\u00e9s \u00bb, ils reviennent, en m\u00eame temps que passent les autos sanitaires bond\u00e9es de bless\u00e9s. C\u2019est l\u2019\u00e9chec. Une fois de plus, la pi\u00e9taille a pay\u00e9 pour \u00ab les nobles \u00e9lans des gens hupp\u00e9s aux sentiments \u00e9lev\u00e9s, rest\u00e9s, eux, bien \u00e0 l\u2019abri. (p. 16). L\u2019auteur d\u00e9crit alors le nouveau mod\u00e8le de masque \u00e0 gaz, le barda qui p\u00e8se 32 kg, le bled aux abords de la ferme du Chol\u00e9ra, la cagna des t\u00e9l\u00e9phonistes (p. 31) : \u00ab une simple niche perpendiculaire \u00e0 la tranch\u00e9e, de la longueur d\u2019un homme couch\u00e9, recouverte de quelques planches, camoufl\u00e9es par des pellet\u00e9es de terre \u00bb. La rel\u00e8ve conduit \u00e0 une sorte de \u00ab paradis \u00bb o\u00f9 on attendrait bien la fin de la guerre.<\/p>\n<p><strong>2. En r\u00e9volte (mai-juin 1917)<\/strong><br \/>\nLes \u00ab causes \u00bb de la r\u00e9volte sont, d\u2019apr\u00e8s Cuvier, l\u2019\u00e9chec de l\u2019offensive, \u00ab cruelle d\u00e9ception \u00bb venant apr\u00e8s bien d\u2019autres, l\u2019impression que des erreurs ont \u00e9t\u00e9 commises, le manque de permissions, l\u2019exasp\u00e9ration devant le bourrage de cr\u00e2ne\u2026 Certains se vantent d\u2019avoir re\u00e7u des mots d\u2019ordre de Paris. Les hommes du Nord et du Pas-de-Calais, en forte proportion dans le r\u00e9giment, sont particuli\u00e8rement sensibles \u00e0 \u00ab un avenir assombri \u00bb par l\u2019\u00e9chec et par la d\u00e9fection des Russes. \u00ab Tout est \u00e2prement critiqu\u00e9 \u00bb, les grad\u00e9s, la nourriture, les promesses de repos non tenues\u2026 Le drame \u00e9clate un soir au Foyer du Soldat (date non pr\u00e9cis\u00e9e, mais le tableau dress\u00e9 par Denis Rolland montre qu\u2019il s\u2019agit du 21 mai, \u00e0 Coulonges), \u00e0 la veille de la remont\u00e9e en ligne : cris, menaces, \u00ab chasse aux renards \u00bb, interminables palabres avec le colonel. \u00ab Il y a bien un millier de Poilus rassembl\u00e9s \u00bb (300 d\u2019apr\u00e8s le tableau de D. Rolland). Cela dure plusieurs jours. Georges Cuvier dit comprendre ses camarades, avoir cess\u00e9 d\u2019\u00eatre cocardier, n\u2019aspirer qu\u2019\u00e0 une chose, la paix, mais il ne peut pas participer, pas plus que \u00ab s\u2019opposer au d\u00e9bordement actuel \u00bb. Le refus du gouvernement d\u2019accorder des passeports aux d\u00e9put\u00e9s socialistes pour se rendre \u00e0 Stockholm, \u00ab cette nouvelle tombe comme un coup de massue. Le r\u00eave de paix entrevu par beaucoup s\u2019\u00e9croule brusquement. [\u2026] Le Poilu est de nouveau riv\u00e9 \u00e0 sa lourde cha\u00eene. \u00bb Permissions, am\u00e9liorations diverses et p\u00e9riode de repos ram\u00e8nent le calme. Le colonel Bertrand ne d\u00e9nonce personne (aucune condamnation d\u2019apr\u00e8s le tableau de D. Rolland). Parti en permission, Georges Cuvier d\u00e9crit encore les cris et chants s\u00e9ditieux dans les gares, le mat\u00e9riel vandalis\u00e9.<\/p>\n<p><strong>3. Verdun rive droite (juillet-ao\u00fbt 1917) et 3bis (septembre 1917)<\/strong><br \/>\nSecteur dur \u00e0 tenir : \u00ab Assez ! Assez de cette sauvagerie ! \u00c0 quoi donc tout cela rime-t-il ? \u00bb Mais (p. 85), \u00ab le bassin de Briey continue sans inqui\u00e9tude \u00e0 fa\u00e7onner les obus dont nous serons arros\u00e9s. Par quel myst\u00e8re troublant n\u2019an\u00e9antit-on pas tout cela ? Nous en avons la rage au c\u0153ur ! \u00bb<\/p>\n<p><strong>4. En Lorraine avec les Sioux (octobre 1915-mai 1918)<\/strong><br \/>\nLes Sioux sont \u00e9videmment les Am\u00e9ricains, \u00ab f\u00eat\u00e9s partout, riches comme Cr\u00e9sus \u00bb. Mais la guerre continue (\u00ab il y a bien eu la guerre de cent ans \u00bb) : \u00ab Quelle monstrueuse responsabilit\u00e9 p\u00e8se sur ceux qui ont provoqu\u00e9 tant de souffrances et fait faucher les meilleurs, les plus utiles de notre g\u00e9n\u00e9ration ! \u00bb<\/p>\n<p><strong>5. En avant de Compi\u00e8gne : la ferme Porte (juin 1918)<\/strong><br \/>\nUne sc\u00e8ne de pillage (p. 174) ; une attaque o\u00f9 les Allemands se sont enfuis avant le contact \u00e0 l\u2019arme blanche (p. 178) ; un po\u00e8me de Cuvier en l\u2019honneur du colonel Bertrand (p. 191) ; une d\u00e9finition du \u00ab vrai front \u00bb allant \u00ab du premier Fritz au premier gendarme (p. 200).<\/p>\n<p><strong>6. Reprise de Soissons (juillet-ao\u00fbt 1918)<\/strong><br \/>\nEn permission, \u00ab le moral du Sud-Ouest n\u2019est pas brillant \u00bb, mais les prisonniers allemands sont gras et prosp\u00e8res : \u00ab En voil\u00e0 pour qui la guerre est finie ! \u00bb Retour au front, il faut marcher \u00ab comme des b\u00eates de somme \u00bb, retrouver les spectacles horribles (p. 216), souffrir \u00e0 nouveau de la soif, se prot\u00e9ger des nappes de gaz. Mais on avance : \u00ab Quelle joie de conqu\u00e9rir tout cela ! \u00bb<\/p>\n<p><strong>7. Du plateau de Crouy aux abords de Laffaux (fin ao\u00fbt-septembre 1918)<\/strong><br \/>\nLes bleus arrivent en renfort ; il faut \u00ab se redresser \u00bb devant eux (p. 241). Les prisonniers allemands \u00ab sont squelettiques, sales, h\u00e9b\u00e9t\u00e9s, affam\u00e9s. On leur donne quelques vivres [\u2026]. Il n\u2019y a aucune haine de la part des Poilus, c\u2019est presque une fraternisation dans la douleur. Ces pauvres bougres sont conduits \u00e0 force de \u00ab\u00a0bourrage de cr\u00e2ne\u00a0\u00bb, aussi n\u2019est-ce point tant apr\u00e8s eux que nous en avons, mais contre la caste qui les m\u00e8ne. \u00bb Les tanks sont de la partie, mais tombent en panne (p. 261). L\u2019\u00e9lan des Poilus est d\u00e9sormais irr\u00e9sistible.<\/p>\n<p><strong>8. Le chemin du retour<\/strong><br \/>\n\u00ab Vive la vie ! \u00bb, conclut Georges Cuvier.<\/p>\n<p>R\u00e9my Cazals, avril 2016<\/p>\n<p>Janvier 2018 : Janine Hubaut nous signale qu&rsquo;une courte biographie de Georges Cuvier se trouve dans la th\u00e8se de Marie Derrien, <em>\u00ab\u00a0La t\u00eate en capilotade\u00a0\u00bb. Les soldats de la Grande Guerre intern\u00e9s dans les h\u00f4pitaux psychiatriques fran\u00e7ais (1914-1980)<\/em>. Th\u00e8se de l&rsquo;universit\u00e9 de Lyon, en ligne : appeler \u00ab\u00a0Marie Derrien &#8211; Cuvier\u00a0\u00bb. Georges Cuvier s&rsquo;est mari\u00e9 en 1922 ; il a mont\u00e9 \u00e0 Bordeaux un laboratoire d&rsquo;analyses, puis s&rsquo;est beaucoup int\u00e9ress\u00e9 aux anciens combattants intern\u00e9s \u00e0 l&rsquo;asile de Cadillac, et, de l\u00e0, au probl\u00e8me pour l&rsquo;ensemble de la France. Il est mort \u00e0 Paris en 1987.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quelques myst\u00e8res \u00e0 \u00e9claircir Nous tenons, dans ce dictionnaire, \u00e0 d\u00e9finir le t\u00e9moin avant de r\u00e9sumer son t\u00e9moignage. Ici, nous ignorons les dates de sa naissance (vraisemblablement vers 1894 ou 1895) et de son d\u00e9c\u00e8s. D\u2019apr\u00e8s plusieurs indices, il semble originaire du Bordelais (Marmande ? 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