{"id":977,"date":"2012-12-24T20:26:27","date_gmt":"2012-12-24T19:26:27","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=977"},"modified":"2021-09-14T19:34:55","modified_gmt":"2021-09-14T18:34:55","slug":"desbois-georges-1891-1916","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2012\/12\/24\/desbois-georges-1891-1916\/","title":{"rendered":"Desbois, Georges (1891-1916)"},"content":{"rendered":"<p>Sa biographie et son t\u00e9moignage sont indissociables de ceux de Georges Descolas. Les deux condisciples \u00e0 Normale Sup \u00e9taient fils d\u2019instituteurs. Desbois est n\u00e9 \u00e0 Pr\u00e9ty (Sa\u00f4ne-et-Loire) le 6 novembre 1891 et a \u00e9tudi\u00e9 au lyc\u00e9e de M\u00e2con. Descolas est n\u00e9 \u00e0 Maillet (Indre) le 1er avril 1893 et il a \u00e9tudi\u00e9 au lyc\u00e9e de Ch\u00e2teauroux. Ils se sont rencontr\u00e9s ensuite au lyc\u00e9e Henri IV de 1910 \u00e0 1912 et se sont retrouv\u00e9s dans la section de 1\u00e8re ann\u00e9e form\u00e9e en novembre1913, dont 47 \u00e9l\u00e8ves furent mobilis\u00e9s, parmi lesquels 28 tu\u00e9s. Descolas n\u2019a pas fait la guerre : ayant contract\u00e9 une pleur\u00e9sie, il a \u00e9t\u00e9 soign\u00e9 en sanatorium de juin 1914 au 12 ao\u00fbt 1915, date de sa mort. Desbois a \u00e9t\u00e9 mobilis\u00e9 comme simple soldat ; il \u00e9tait sous-lieutenant au 79e RI lorsqu\u2019il a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 \u00e0 Curlu (Somme) le 9 juillet 1916. Leur correspondance a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e d\u00e8s 1921.<br \/>\nLe fr\u00e8re de Descolas, tu\u00e9 au tout d\u00e9but de la guerre (le 25 ao\u00fbt 1914), avait \u00e9crit avec lucidit\u00e9 : \u00ab Ce n\u2019est pas une guerre entre hommes ; c\u2019est une guerre d\u2019engins. \u00bb Mais les deux normaliens ont gard\u00e9 une relation \u00e0 la guerre via les auteurs classiques. Ainsi, Desbois \u00e0 Descolas, le 25 septembre : \u00ab Celui que je pleure avec toi n\u2019a pas eu de tristesse avant de mourir. Il a \u00e9t\u00e9 ensuite relev\u00e9 par des mains fraternelles qui lui ont donn\u00e9, avec leur derni\u00e8re caresse, le plus saint viatique qu\u2019il aurait pu d\u00e9sirer. Il est tomb\u00e9 comme un h\u00e9ros d\u2019autrefois, et les paroles sacr\u00e9es de Virgile, sur le bonheur qui atteint de tels morts, sont pleines de v\u00e9rit\u00e9 pour lui. \u00bb Du sanatorium, Descolas reste dans le ton (5 mars 1915) : \u00ab Oui c\u2019est l\u00e0-bas mon ami, dans la tranch\u00e9e, parce que tu n\u2019auras aucun pacte de dur\u00e9e, que tu vivras le plus intens\u00e9ment et que tu penseras le mieux. \u00bb Et encore, le 21 avril : \u00ab C\u2019est l\u00e0 leur le\u00e7on derni\u00e8re \u00e0 tous, Michel, Rigal, Jourdain, qui sans doute n\u2019avaient jamais pens\u00e9 s\u00e9rieusement \u00e0 la guerre, mais qui, plac\u00e9s entre la vie et l\u2019honneur, n\u2019ont pas balanc\u00e9. La maturit\u00e9 leur est venue d\u2019un coup. \u00bb Retour \u00e0 Virgile dans une lettre \u00e9crite par Desbois quelques jours avant la mort de son camarade : \u00ab Je lis tranquillement mon Virgile de campagne, install\u00e9 dans ma cantine \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de mes vivres, de ma pipe et de mes cartouches de revolver, dont je poss\u00e8de une provision consid\u00e9rable. Je fume interminablement des pipes, et je lis des pages et des pages de Virgile, mais je suis toujours aussi maladroit pour tirer au revolver. \u00bb<br \/>\nLe jeune officier a d\u00e9crit \u00e0 son ami son contact avec les hommes qu\u2019il doit commander (20 juillet 1915) : \u00ab Je commence \u00e0 faire connaissance avec les poilus de la premi\u00e8re section, qui me revient dans la compagnie, et je m\u2019exerce \u00e0 rep\u00e9rer leurs physionomies ; il y a d\u2019ailleurs des instructions extr\u00eamement minutieuses pour cela, et il faut que nous connaissions non seulement les noms et les figures, mais encore certains renseignements sur la profession, le pays d\u2019origine, la famille, etc. C\u2019est d\u2019ailleurs le moyen de gagner la confiance de ces braves gens, dont le d\u00e9vouement patriotique et le sentiment du devoir en g\u00e9n\u00e9ral est tr\u00e8s grand et tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9, bien au-dessus de leur niveau intellectuel et de leur \u00e9ducation sociale. Le monde est ainsi fait ; il est dix fois plus facile de faire un bon soldat que de former un bon citoyen. J\u2019ai un petit Parisien de la classe 15 qui fait partie de la f\u00e9d\u00e9ration du b\u00e2timent ; je lui ai montr\u00e9 que cette soci\u00e9t\u00e9 ne m\u2019\u00e9tait pas inconnue, et qu\u2019il y avait certainement puis\u00e9 des principes d\u2019ordre et de discipline utiles \u00e0 pratiquer maintenant. Je ne sais pas s\u2019il a compris ; dans tous les cas, il sera content que je pense du bien de ses camarades syndiqu\u00e9s. Les natures simples, aussi bien celles de la campagne que de la grande ville, doivent \u00eatre les plus faciles \u00e0 s\u2019attacher. \u00bb Desbois dit aussi sa satisfaction de voir que \u00ab les adversaires de la loi des trois ans ont \u00e9t\u00e9 unanimes pour prendre les armes \u00bb (31 d\u00e9cembre 1914). Il y revient quelques jours plus tard : \u00ab L\u2019h\u00e9ro\u00efsme, c\u2019est bien de jouer volontairement sa vie pour donner aux id\u00e9es ch\u00e8res la haute cons\u00e9cration que conf\u00e8re seul le d\u00e9sir de la mort : c\u2019est ainsi que fut Jaur\u00e8s, et apr\u00e8s lui tous les adversaires de la loi des trois ans dont t\u2019a parl\u00e9 H. [Herr] et dont <em>L\u2019Humanit\u00e9<\/em> et <em>La Bataille Syndicaliste<\/em> rel\u00e8vent chaque jour les noms. \u00bb<br \/>\nAutre satisfaction, dont les deux normaliens ne pourront v\u00e9rifier si elle n\u2019\u00e9tait pas pleine d\u2019illusions, cette parole d\u2019un officier sup\u00e9rieur rapport\u00e9e par Desbois en juillet 1915 : \u00ab Ceux qui auront fait la guerre auront une autorit\u00e9 extraordinaire sur la g\u00e9n\u00e9ration suivante, [\u2026] la jeunesse en particulier aura en eux une confiance illimit\u00e9e. Voil\u00e0 bien ce qui doit encourager les intellectuels combattants\u2026 \u00bb<br \/>\nR\u00e9my Cazals (d\u2019apr\u00e8s les notes de Nicolas Mariot)<br \/>\n*Georges Desbois et Georges Descolas, <em>Correspondance de deux \u00e9l\u00e8ves de l\u2019\u00c9cole Normale Sup\u00e9rieure pendant la guerre<\/em>, Paris, Union pour la v\u00e9rit\u00e9, 1921, coll. \u00ab Documents sur la civilisation fran\u00e7aise \u00bb.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sa biographie et son t\u00e9moignage sont indissociables de ceux de Georges Descolas. Les deux condisciples \u00e0 Normale Sup \u00e9taient fils d\u2019instituteurs. Desbois est n\u00e9 \u00e0 Pr\u00e9ty (Sa\u00f4ne-et-Loire) le 6 novembre 1891 et a \u00e9tudi\u00e9 au lyc\u00e9e de M\u00e2con. 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