{"id":98,"date":"2008-04-10T17:53:23","date_gmt":"2008-04-10T16:53:23","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2008\/04\/10\/dorgeles-lecavele-dit-roland-1885-1973\/"},"modified":"2021-09-09T17:09:01","modified_gmt":"2021-09-09T16:09:01","slug":"dorgeles-lecavele-dit-roland-1885-1973","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2008\/04\/10\/dorgeles-lecavele-dit-roland-1885-1973\/","title":{"rendered":"Dorgel\u00e8s (L\u00e9cavel\u00e9 dit), Roland (1885-1973)"},"content":{"rendered":"<p><strong> 1.   Le t\u00e9moin<\/strong><\/p>\n<p>N\u00e9 le 15 juin 1885 \u00e0 Amiens (Somme). P\u00e8re repr\u00e9sentant d&rsquo;une fabrique de tissus. \u00c9tudes \u00e0 l&rsquo;\u00c9cole des Arts d\u00e9coratifs (1902&#8230;) ; R\u00e9dacteur au Service t\u00e9l\u00e9graphique de l&rsquo;Agence de la Presse Nouvelle (jusqu&rsquo;en 1909). \u00c0 partir de 1907, \u00e9crit sous le pseudonyme de Dorgel\u00e8s. R\u00e9form\u00e9 en 1907 suite \u00e0 un accident pulmonaire. Collabore \u00e0 <em>Messidor<\/em>, <em>Paris-Journal<\/em>, <em>Com\u0153dia<\/em> ; \u00e9crit des pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre ; entre \u00e0 <em>L&rsquo;Homme libre<\/em> dirig\u00e9 par Clemenceau le 5 mai 1913.<\/p>\n<p>Engag\u00e9 volontaire le 21 ao\u00fbt 1914. Classes \u00e0 Rouen au 74<sup>e<\/sup> R.I. ; rejoint son corps en Champagne le 15 septembre 1914 ; vers\u00e9 au 39<sup>e<\/sup> R.I. comme mitrailleur. Le 16 f\u00e9vrier 1915, participe \u00e0  une attaque tr\u00e8s meurtri\u00e8re pr\u00e8s de Berry-au-Bac (Aisne) ; au repos, commence \u00e0 \u00e9crire les <em>Croix de Bois<\/em>. Le 9 juin 1915, il est bless\u00e9 lors de la prise de Neuville-St-Vaast. Nomm\u00e9 caporal, re\u00e7oit la Croix de guerre. 7 septembre 1915, \u00e9l\u00e8ve pilote au premier groupe d&rsquo;aviation stationn\u00e9 \u00e0 Longvic (C\u00f4te d&rsquo;Or). 18 mars 1916, \u00e9cole d&rsquo;aviation \u00e0 Amb\u00e9rieu. 21 juin, chute d&rsquo;avion ; convalescence \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital de Bourg-en-Bresse (Ain). Termine la guerre comme inspecteur de l&rsquo;aviation. D\u00e9mobilis\u00e9 le 1<sup>er<\/sup> avril 1919, le jour o\u00f9 para\u00eet son grand succ\u00e8s <em>Les Croix de Bois<\/em> chez Albin Michel.<\/p>\n<p><strong>2.   Le t\u00e9moignage<\/strong><\/p>\n<p>Correspondance de guerre de Roland Dorgel\u00e8s, publi\u00e9e sous le titre <em>Je t&rsquo;\u00e9cris de la tranch\u00e9e. Correspondance de guerre, 1914-1917<\/em>, pr\u00e9face de Micheline Dupray, introduction de Fr\u00e9d\u00e9ric Rousseau, Paris, Albin Michel, 2003.<\/p>\n<p>Sont publi\u00e9es dans cet ouvrage deux cent soixante-dix lettres et cartes postales in\u00e9dites, adress\u00e9es pendant la guerre par Roland Dorgel\u00e8s \u00e0 diff\u00e9rents membres de sa famille. Sa m\u00e8re et sa femme Mado sont ses deux principales destinataires ; nous ne poss\u00e9dons que huit lettres adress\u00e9es \u00e0 son p\u00e8re ; sa s\u0153ur en re\u00e7oit sept auxquelles il faut ajouter quelques missives adress\u00e9es au mari de celle-ci, mobilis\u00e9 lui aussi ; cette correspondance est conserv\u00e9e \u00e0 la biblioth\u00e8que de l&rsquo;Arsenal, Paris, Ms 15148\/55.<\/p>\n<p>Deux cent vingt pi\u00e8ces concernent la p\u00e9riode pass\u00e9e dans l&rsquo;infanterie (novembre 1914 \u00e0 mai 1915). Ce corpus est int\u00e9ressant \u00e0 double titre : il renseigne en premier lieu l&rsquo;exp\u00e9rience combattante de l&rsquo;\u00e9crivain et permet en outre de reconstituer, pas \u00e0 pas, la g\u00e9n\u00e9alogie des <em>Croix de Bois<\/em>. Le rapprochement des deux types de document, lettres et roman, permettent de rep\u00e9rer un certain nombre de correspondances. Dans une large mesure, et contrairement au jugement s\u00e9v\u00e8re port\u00e9 par le critique Jean Norton Cru (<em>T\u00e9moins. Essai d&rsquo;analyse et de critique des souvenirs combattants \u00e9dit\u00e9s en fran\u00e7ais de 1915 \u00e0 1928<\/em>, Nancy, P.U.N., 2006 [1929 et 1993], p. 592 et ss.), ces lettres valident le roman <em>Les Croix de bois<\/em> en tant que t\u00e9moignage de combattant.<\/p>\n<p><strong>3.   Analyse<\/strong><\/p>\n<p>Cette correspondance m\u00e9rite l&rsquo;attention pour plusieurs raisons : en premier lieu, elle \u00e9claire les biais inh\u00e9rents \u00e0 toute correspondance, et particuli\u00e8rement \u00e0 toute correspondance de guerre ; en effet, dans ses \u00e9changes \u00e9pistolaires, Dorgel\u00e8s, \u00e0 l&rsquo;instar de nombreux autres r\u00e9dacteurs, d\u00e9ploie diff\u00e9rentes strat\u00e9gies d&rsquo;\u00e9criture en fonction de son interlocuteur ; ainsi, dans les lettres \u00e0 sa m\u00e8re domine l&rsquo;euph\u00e9misation des horreurs et souffrances li\u00e9es \u00e0 la guerre. Cela est particuli\u00e8rement visible dans le courrier (trois lettres) dat\u00e9 du 11 novembre 1914 ; \u00e0 sa m\u00e8re, Roland donne le menu de son go\u00fbter ; \u00e0 son p\u00e8re, quelques mots polis ponctu\u00e9s d&rsquo;un sec \u00ab Rien \u00e0 signaler ! \u00bb ; il faut alors lire la lettre adress\u00e9e \u00e0 sa s\u0153ur pour apprendre, un peu, ce qui se passe r\u00e9ellement : \u00ab Alerte ! Il para\u00eet qu&rsquo;\u00e0 onze heures du soir, nous faisons attaque g\u00e9n\u00e9rale [&#8230;]. Si le destin voulait que je laisse ma peau quelque part au combat, tu donneras \u00e0 m\u00e8re le mot ci-joint. Car je n&rsquo;ai qu&rsquo;une peur : quelle se tue. Accuse r\u00e9ception je te prie. C&rsquo;est \u00e0 mes yeux un d\u00e9p\u00f4t sacr\u00e9. \u00bb. Le mot-testament est publi\u00e9 \u00e0 la suite de cette lettre (p. 102). En d\u00e9finitive, c&rsquo;est surtout \u00e0 Mado, sa femme, que Roland d\u00e9crit sa guerre.<\/p>\n<p>En second lieu, cette correspondance permet de retracer la trajectoire d&rsquo;un engag\u00e9 volontaire : en effet, Dorgel\u00e8s, r\u00e9form\u00e9, dut se porter volontaire pour participer \u00e0 la guerre. Plusieurs \u00e9l\u00e9ments paraissent avoir motiv\u00e9 cet engagement : le d\u00e9part de ses copains, celui de ses proches (son beau-fr\u00e8re notamment) pendant les chaudes journ\u00e9es d&rsquo;ao\u00fbt, la peur de manquer une grande aventure (<em>Cf.<\/em> <em>Bleu horizon<\/em>, Paris, Albin Michel, 1949, p. 47.); son sentiment patriotique (exprim\u00e9 dans plusieurs lettres, 14 octobre, 4 d\u00e9cembre 1914); la curiosit\u00e9  aussi, celle d&rsquo;un \u00e9crivain vis-\u00e0-vis de ce qu&rsquo;il consid\u00e8re comme LE grand sujet d&rsquo;\u00e9criture, la guerre (\u00ab 17 octobre 1914. [&#8230;] Je crois qu&rsquo;il y a quelque chose d&rsquo;extraordinaire \u00e0 \u00e9crire cela. Et si peu d&rsquo;\u00e9crivains l&rsquo;ont vu \u00bb; dans la lettre \u00e9crite le 5 novembre \u00e0 sa m\u00e8re, il \u00e9crit : \u00ab Tu comprends, je voulais absolument voir la guerre, car comment \u00e9crire mon livre sans cela ? \u00bb ; enfin, Dorgel\u00e8s, l\u00e0 encore comme beaucoup d&rsquo;autres, crut que la guerre serait courte (voir les lettres du 24, 27 novembre, 19 d\u00e9cembre 1914).<\/p>\n<p>Or, d\u00e8s l&rsquo;automne 1914, la correspondance exprime la lassitude. Au printemps 1915, l&rsquo;impatience devient de plus en plus pesante : \u00ab 27 mars. [&#8230;] Un beau soleil de printemps ! Les bourgeons se posent en essaims sur les branches. Et nous sommes ici. Zut ! La Patrie, entre nous, on l&rsquo;aime comme une ma\u00eetresse, c&rsquo;est pourquoi il arrive qu&rsquo;on la trouve un peu crampon&#8230; Enfin, j&rsquo;attends, j&rsquo;esp\u00e8re, je veux la Victoire, et sa fille a\u00een\u00e9e la Paix&#8230; \u00bb. D\u00e8s lors que l&rsquo;on s&rsquo;en tient aux seuls discours &#8211; \u00e0 g\u00e9om\u00e9trie variable selon le destinataire &#8211; il est de fait tr\u00e8s difficile d&rsquo;appr\u00e9cier les ondulations de cette longue patience impatiente du poilu Dorgel\u00e8s. Ce passage, parmi d&rsquo;autres, illustre parfaitement l&rsquo;ambivalence et l&rsquo;instabilit\u00e9 des sentiments de nombreux poilus et permet de soulever les questions suivantes : Dorgel\u00e8s sacrifie-t-il au conformisme impos\u00e9 par le climat de guerre ? Craint-il de d\u00e9cevoir les attentes de sa famille en leur r\u00e9v\u00e9lant la mue en cours de son \u00e9tat d&rsquo;esprit ? Courant juin, apr\u00e8s l&rsquo;engagement meurtrier de Neuville-St-Vaast, Roland confie \u00e0 sa m\u00e8re : \u00ab 19 juin 1915. [&#8230;] H\u00e9las, on va nous donner le casque ! Nous avons d\u00e9j\u00e0 le masque et les lunettes&#8230; Non, non, je n&rsquo;\u00e9tais pas fait pour cette guerre-l\u00e0. Je me vois tr\u00e8s bien en cheveau-l\u00e9ger, en garde fran\u00e7aise, en mousquetaire gris&#8230; (p. 297) \u00bb ;  fin juin, pourtant, il \u00e9crit encore des mots tr\u00e8s belliqueux : \u00ab ah ! vite qu&rsquo;on franchisse les lignes et sa batte en plaine (p. 301) \u00bb. Que faut-il en penser ? Que peut-on en d\u00e9duire ? Dans d&rsquo;autres courriers r\u00e9dig\u00e9s durant cette p\u00e9riode, l&rsquo;\u00e9crivain \u00e9voque \u00e9galement la chance de ses amis bless\u00e9s hospitalis\u00e9s ou en convalescence, qui \u00e0 Paris, Deauville, Dax ou Bordeaux : \u00ab 20 juin 1915. [&#8230;] Les veinards ! ! \u00bb.  Dans le m\u00eame ordre d&rsquo;id\u00e9es, le 8 avril 1915, c&rsquo;est ainsi qu&rsquo;il commente la mutation de son beau-fr\u00e8re \u00e0 l&rsquo;Etat-Major : \u00ab Il a de la chance et <span style=\"text-decoration: underline;\">j&rsquo;en suis tr\u00e8s heureux<\/span> \u00bb. Notons, au passage, que l&rsquo;expression \u00ab j&rsquo;en suis tr\u00e8s heureux \u00bb est soulign\u00e9e dans l&rsquo;original. Mais \u00e9crit-il cela pour ne pas peiner sa s\u0153ur ? Ou bien exprime-t-il alors le fond de sa pens\u00e9e ? Difficile de trancher&#8230;<\/p>\n<p>Finalement, au-del\u00e0 des mots, c&rsquo;est un fait qui permet de mesurer au plus pr\u00e8s le changement d&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit de Dorgel\u00e8s : en effet, au lendemain de la tuerie de Neuville-St-Vaast, il engage des d\u00e9marches pour \u00eatre affect\u00e9 dans l&rsquo;aviation, d\u00e9marches qui aboutiront \u00e0 l&rsquo;automne. Ce transfert va lui permettre d&rsquo;\u00e9crire son livre ; et en d\u00e9pit d&rsquo;un grave accident, sans doute aussi lui sauver la vie.<\/p>\n<p>Cette correspondance permet aussi de documenter les s\u00e9quences de fraternisations locales et de tr\u00eaves tacites qui ont \u00e9maill\u00e9 la guerre de position. Ainsi, les lettres du 24, 30 novembre 1914 ; \u00e0 No\u00ebl 1914 : les lettres du 25 et surtout du 27 d\u00e9cembre : \u00ab \u00c0 notre gauche, la nuit du r\u00e9veillon, le 28<sup>e<\/sup> a eu de grosses pertes. Et la m\u00eame nuit, \u00e0 la m\u00eame heure, sur notre droite (le 74<sup>e<\/sup> ) sortait de ses tranch\u00e9es et nos soldats allaient trinquer, \u00e9changer des cigarettes avec les Allemands. Je trouve cela ignoble. Officiers bl\u00e2m\u00e9s par le g\u00e9n\u00e9ral. \u00bb Cet \u00e9pisode est confirm\u00e9 par le <em>Journal de Marche et d&rsquo;op\u00e9rations<\/em> du 74<sup>e<\/sup> R.I. (Service Historique de la D\u00e9fense, Vincennes) ainsi que par un autre t\u00e9moin : Charles Toussaint, <em>Petites histoires d&rsquo;un glorieux r\u00e9giment : v\u00e9cues par Charles Toussaint, soldat de 1<sup>\u00e8re<\/sup> classe au 74<sup>e<\/sup> r\u00e9giment d&rsquo;infanterie en guerre<\/em>, Montvillers, Binesse, 1973. En avril 1915, Roland annonce \u00e0 Mado : \u00ab Hier soir, cette nuit plut\u00f4t, les Prussiens qui \u00e9taient en face de nous ont \u00e9t\u00e9 relev\u00e9s par des Saxons. A peine arriv\u00e9s, ils se mirent \u00e0 crier : \u00ab\u00a0Kamarades fran\u00e7ais, dans les gourbis !\u00a0\u00bb Ils indiquaient par l\u00e0 que nous pouvions dormir tranquilles, qu&rsquo;ils ne songeaient pas \u00e0 attaquer ; Saxons et Bavarois ne sont pas belliqueux pour un liard \u00bb.<\/p>\n<p><strong>4. Pour aller plus loin :<\/strong><\/p>\n<p>Les autres \u0153uvres de guerre de Roland Dorgel\u00e8s aux \u00e9ditions Albin Michel : <em>Le Cabaret de la belle femme<\/em> (1920) ; <em>Saint Magloire<\/em> (1922) ; <em>Le R\u00e9veil des morts<\/em> (1923) ; <em>Bleu horizon, Pages de la Grande Guerre<\/em> (1949).<\/p>\n<p>Micheline Dupray, <em>Roland Dorgel\u00e8s. Un si\u00e8cle de vie litt\u00e9raire fran\u00e7aise<\/em>, Albin Michel, 2000.<\/p>\n<p>Jean Norton Cru, <em>T\u00e9moins, op. cit.<\/em> L&rsquo;\u00e9dition de 2006 s&rsquo;accompagne d&rsquo;une mise en perspective de l&rsquo;\u0153uvre du critique et de la reproduction du corpus des principales critiques dont fut l&rsquo;objet <em>T\u00e9moins<\/em> lors de sa premi\u00e8re sortie en 1929. Y figurent notamment celles \u00e9mises par Roland Dorgel\u00e8s.<\/p>\n<p>Fr\u00e9d\u00e9ric Rousseau, <em>Le Proc\u00e8s des t\u00e9moins de la Grande Guerre. L&rsquo;Affaire Norton Cru<\/em>, Paris, Le Seuil, 2003.<\/p>\n<p>Fr\u00e9d\u00e9ric Rousseau, avril 2008<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin N\u00e9 le 15 juin 1885 \u00e0 Amiens (Somme). P\u00e8re repr\u00e9sentant d&rsquo;une fabrique de tissus. \u00c9tudes \u00e0 l&rsquo;\u00c9cole des Arts d\u00e9coratifs (1902&#8230;) ; R\u00e9dacteur au Service t\u00e9l\u00e9graphique de l&rsquo;Agence de la Presse Nouvelle (jusqu&rsquo;en 1909). \u00c0 partir de 1907, \u00e9crit sous le pseudonyme de Dorgel\u00e8s. R\u00e9form\u00e9 en 1907 suite \u00e0 un accident pulmonaire. &hellip; <a href=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2008\/04\/10\/dorgeles-lecavele-dit-roland-1885-1973\/\" class=\"more-link\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">Dorgel\u00e8s (L\u00e9cavel\u00e9 dit), Roland (1885-1973)<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[103,119,134,133,10,6],"tags":[355,930,265,353],"class_list":["post-98","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-103","category-39e-ri","category-74e-ri","category-aviateur","category-combattant-infanterie","category-correspondance-unique","tag-autocensure","tag-ecrivain","tag-evolution-des-sentiments","tag-patriotisme"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/98","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=98"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/98\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3732,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/98\/revisions\/3732"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=98"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=98"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=98"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}