Lemercier, Eugène-Emmanuel (1886-1915)

Lettres d’un soldat. Août 1914 – avril 1915, Paris, Bernard Giovanangeli, 2005, 191 p.

Résumé de l’ouvrage :
Eugène-Emmanuel Lemercier, né le 7 novembre 1886 à Paris, est d’abord engagé volontaire en 1905 avant d’être rappelé au 106e RI de Châlons-sur-Marne (Châlons-en-Champagne aujourd’hui), qu’il rejoint dès le 3 août 1914. Il arrive au front dans la Meuse après la bataille de La Marne. Promu caporal le 1er janvier 1915 (page 89, qui lui donne un « devoir social » (p. 108 et 189) puis sergent le 13 mars suivant (p. 146, qui faillit être cité (p. 187 et 189), il disparaît aux Eparges le 6 avril 1915. L’ouvrage publie 140 lettres écrites du front du 6 août 1914 au 21 mars 1915, principalement à sa mère et à sa grand-mère.

Eléments biographiques :
L’auteur naît à Paris le 7 novembre 1886, de Louis-Eugène et de Marguerite Harriet O’Hagan, une famille protestante, dont la branche féminine est d’origine irlandaise. Après la mort de son père alors qu’il n’a pas un an, il est élevé par sa mère et sa grand-mère maternelle, qui créent un lien profond, qui transpire dans la correspondance avec le jeune homme lorsqu’il est au front. Initié au dessin et à la peinture par ces dernières, il a pour mentor le peintre Fernand Cormon (1845-1924) qui lui présente dès ses 11 ans ½ Jacques Humbert (1842-1934). Ce dernier va lui prodiguer une formation artistique qui aboutira à son entrée aux Beaux-Arts dans sa 15e année. Malgré une faiblesse de constitution, il devance l’appel et rejoint le 106e RI de Châlons-sur-Marne en 1905, qu’il quitte l’année suivante, revenant à ses études artistiques. Nombre de ses toiles sont primées mais sa santé s’épuise et il est contraint d’aller se soigner en Suisse. À la déclaration de guerre, il rejoint tout naturellement son régiment, dès le 3 août, et sa première lettre, dès le 6, témoigne de la vie mouvementée et fatigante des premiers jours sous l’uniforme d’un intellectuel plongé dans la guerre. Il arrive en ligne le 12 septembre et est porté disparu, sans que son corps ne soit jamais retrouvé, au combat du 6 avril 1915 aux Eparges, dans la Meuse.

Commentaires sur l’ouvrage :
Artiste et intellectuel, Eugène-Emmanuel Lemercier tient un carnet de guerre et échange surtout une correspondance avec sa mère, adulée, et sa grand-mère. Il dit très peu de la guerre mais intériorise ou philosophe abondamment, ayant conscience de sa classe et de son intellectualisme (volontiers supérieur). Quelques apports toutefois, mais assez peu sur le 106e RI, celui du panthéonisé Genevoix, avec lequel il partage parfois la contemplation de la nature, et des autres témoins que sont André Fribourg, Robert Porchon et Joseph Vincent. Bernard Giovanangeli rappelle dans un avertissement que Lettres d’un soldat est paru sans nom d’auteur chez Chapelot en 1916 puis chez Berger-Levrault en 1924, et Jean Norton Cru, qui lui consacre une longue analyse critique pages 530 à 535 dans Témoins, ajoute à ces références éditoriales une publication partielle préliminaire dans la Revue de Paris les 1er et 15 août 1915.

Il n’est pas étonnant que Jean Norton Cru classe Eugène-Emmanuel Lemercier dans les 27 témoins qu’il place dans la 1re catégorie de son classement tant Lettres d’un soldat est résolument un témoignage intellectualisant son parcours de guerre, même si ténu puisqu’il concerne seulement les 8 premiers mois de guerre. Il s’épanche souvent sur sa condition et, le 1er décembre 1914, il dit : « Et voici qu’à vingt-huit ans, je suis replongé en pleine armée, loin de mes travaux, de mes soucis, de mes ambitions, et jamais la vie ne m’apporta une telle abondance d’émotions nobles ; jamais, peut-être, je n’eus, à les enregistrer, une telle fraîcheur de sensibilité, une telle sécurité de conscience », et il semble jouer quelque peu de ce statut comme il l’avance un peu plus loin : « Mon petit emploi me dispense de la pioche » (p. 83), lui que la guerre ne lui fait pas « renoncer à être artiste » (page 84). Il dit d’ailleurs à ce sujet : « Sans doute, après cette guerre, un art fleurira-t-il de nouveau, mais nous aurons à l’apprendre entièrement » (p. 110). Sa haute condition, qui lui fait se différencier de la plèbe qui l’entoure, lui fait dire de ses camarades : « Leur courage, pour être infiniment moins littéraire que le mien, n’en est que plus pratique, adapté à tout… » (p. 87). Plus loin, il avance même : « … je mène une existence d’enfant au milieu de gens si simples que, même très rudimentaire, mon existence est encore bien compliquée pour mon entourage » (p. 102). Il est de temps en temps descriptif et volontiers poète ; « Tu ne saurais croire ce que les forêts ont souffert par ici : ce n’est pas tant la mitraille que les effroyables coupes nécessaires à nos constructions d’abris et à notre chauffage. En bien ! parmi cette dévastation, il me disait qu’il y aurait toujours de la beauté pour l’arbre et pour l’homme » (page 93). Plus loin, il dit : « Il est de heures de telle beauté où celui qui les embrasse ne saurait mourir alors. J’étais bien en avant des premières lignes, et jamais je ne me sentis plus protégé », vantant les beautés de la nature meusienne (p. 130 et 131). S’il dit qu’il a parfois conscience de se répéter, il ajoute : « Il faut s’adapter à cette existence particulière, à la fois indigente en activités intellectuelles et merveilleusement opulente en émotions spontanées », comparant son métier au moine-soldat (p. 94). Il a peur page suivante de perdre « sa main » de dessinateur. Toujours observateur de son environnement, il a quelques phrases analytiques plus profondes : « Ils blaguent, mais leur blague est l’épiderme d’un magnifique courage profond » (p. 100). Il s’étonne que la vie continue : « Ce qui nous dépasse (mais qui pourtant est bien naturel) c’est que les civils puissent continuer une existence normale alors que nous sommes dans la tourmente » (p. 117). Philosophe, convoquant parfois Spinoza ou Saint-Augustin, il s’interroge sur l’ordre et la violence ; il dit : « L’ordre conduit au repos éternel. La violence fait circuler la vie. Nous avons comme objectifs l’ordre et le repos éternel, mais, sans la violence qui déchaîne les réserves d’énergie utilisable, nous serions trop enclins à considérer l’ordre comme obtenu : un ordre anticipé qui ne serai qu’une léthargie retardant l’avènement de l’ordre définitif » (p. 118). Il teinte le plus souvent ses réflexions de la présence de Dieu. Il se révolte à l’idée de sa mort (la pressent-il ?) ; il dit : « Pourquoi suis-je ainsi sacrifié, quand tant d’autres qui ne me valent pas sont conservés ? (p. 146). Ses analyses sont parfois plus singulières. N’avoue-t-il pas à sa mère : « …pour revenir à ces moments extraordinaires de fin février, je te redirai encore que j’en conserve le souvenir comme d’une expérience scientifique » (p.152). Dès lors, le sous-titre d’une telle œuvre testimoniale aurait pu être « introspection d’un intellectuel à la guerre ».
Car la guerre il la décrit finalement assez peu. Des fois, il dit quand même, sans s’étaler : « Nous sommes en cantonnement après la grande bataille. Cette fois-ci, j’ai tout vu. J’ai fait mon devoir, et la sympathie de tous me l’a prouvé. Mais les meilleurs sont morts. Pertes cruelles. Régiment héroïque. But atteint. Ecrirai mieux » (p. 142). La description plus diserte qui suit fait état d’un tableau épique d’horreur. Il dit : « Voici cinq jours que mes souliers sont gras de cervelles humaines, que j’écrase des thorax, que je rencontre des entrailles » (p.143) et c’est après un temps plus ou moins long qu’il donne ses impressions au spectacle réel de la bataille (voir p. 185 le 14 mars, peu avant sa mort). L’édition de 2005 permet de rétablir les passages censurés dans l’édition de 1916 et notamment celui-ci : « Car on a l’impression que tout le monde y passera. Chaque mètre de terrain coûte trois cadavres » (p. 158). Il a en effet la certitude de sa mort ; quelques jours avant celle-ci, il dit : « Ils m’ont raté, mais malheureusement ce n’est que partie remise, car il ne doit rien rester de notre régiment » (p. 186). Dès lors il ne faut pas rechercher dans le témoignage de Lemercier un réel ouvrage testimonial, bien qu’épistolaire, mais un livre de réflexion. Au final, c’est plus une correspondance dans la guerre qu’une correspondance de guerre. En fait il donne le plus souvent l’impression de n’avoir jamais avoir été soldat ; il semble confondre cagna et casemate (p.165) et avoue même : le « plaisir que j’éprouve de n’avoir pas tiré un coup de fusil » (page 186). Il avance même étonnamment « … avoir rencontré des Allemands nez à nez, mais (…), ces gens-là ont dû pressentir en moi quelque chose de mieux et en tous cas très différent d’un soldat, car ils se sont constitués prisonniers de façon courtoise, ce qui, d’ailleurs leur était dictée par ma façon polie de les aborder » (p.186). Il a pourtant, à la veille de sa mort, été envoyé suivre un cours d’élèves sous-officiers, ce dont il se faisait un certain orgueil. Las, ses derniers morts, qu’il écrit à un ami, sont prémonitoires : « Pense à moi et aie de l’espoir pour moi qui n’ose pas en avoir » (. 187).

Renseignements tirés de l’ouvrage :
Page 100 : Douille de 75 utilisée comme pot à eau
: « 115 obus pour blesser un homme au poignet »
101 : Noël 1915, ténor allemand dans sa tranchée (rappelle Joyeux Noël de Carion), français répondant par La Marseillaise
108 : Garde sape pour protéger les sapeurs
114 : Nous n’avons plu aucune vision d’une issue quelconque
117 : Apprend le 17 janvier 1915 la mort de Péguy
146 : Proposé sergent et pour une citation (p. 187), non obtenue à cause de la mort de son capitaine
155 : Retour des grues

Yann Prouillet, janvier 2026


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Cain, Julien (1887-1974)

De famille juive, fils d’un imprimeur parisien prospère, il est né le 10 mai 1887 à Montmorency. Il fait de brillantes études au lycée Condorcet, obtient le baccalauréat de philo (élève d’Alain), puis la licence et l’agrégation d’histoire en 1911. Professeur, il est en congé en 1914 pour préparer une thèse d’histoire de l’art à l’École du Louvre. Il avait effectué un service militaire d’un an (1906-1907). Mobilisé comme sergent en 1914 au 350e RI, il est sous-lieutenant à titre temporaire en octobre, définitif le 7 mars 1915, lieutenant le 7 février 1917. Blessé le 12 février 1916 en Champagne, il est déclaré inapte à faire campagne et rejoint le bureau d’études de la presse étrangère. Ses lettres à sa famille (il est célibataire) sont particulièrement intéressantes pour illustrer le contact entre un intellectuel et les réalités du temps de guerre : « Je me fais à cette vie pour laquelle je ne suis pas fait – j’accepte de vivre dans la saleté, de ne jamais (ou presque) changer de linge, de ne penser à rien – mon seul espoir est que ce soit court. Je n’ose l’espérer » (17 août 1914). Un peu plus tard (30 septembre) : « Je suis sale, mais j’ai bonne mine, et si j’ai un peu maigri et si je suis un peu fatigué, je me porte infiniment mieux qu’une foule de gars de la campagne, dont l’énergie a faibli le premier jour et qui se sont laissés démonter. »
L’intellectuel n’est pas fait pour porter le sac : « Quelle délivrance que de se reposer du sac ! » (17 octobre 1914). Dans les tranchées, par une nuit sans lune, on n’est pas en ville, on ne voit rien : « Je souffre surtout de l’obscurité : on ne voit pas à quatre mètres devant soi. C’est angoissant quand on sait que l’ennemi est là » (14 décembre 1914). Mais être officier procure des avantages : « Nous avons changé de tranchées ; il a fallu m’installer à nouveau, me faire construire un nouvel abri » (19 novembre 1914). « Je ne te cache pas toute ma satisfaction d’être officier. D’abord pour tout le confort que j’en tire. Et puis pour l’ascendant nécessaire sur les hommes » (1er décembre 1914). « J’apprécie tous les aises que me vaut mon titre d’officier : une liberté très grande, une nourriture en ce moment excellente, l’empressement de tout le monde à me rendre service, des relations agréables avec les autres officiers » (14 décembre 1914). « Et c’est une besogne que de diriger ces “poilus” (comme nous disons), insouciants et trop enfants, malgré leur âge, bons garçons, mais peu raisonnables. Je m’y prends le moins mal que je peux ; j’échoue quelquefois. Mais je réussis quelquefois aussi, puisqu’un certain nombre me sont vraiment dévoués et me suivraient partout » (20/11/1914).

RC (d’après les notes de Nicolas Mariot)
*Julien Cain, Un humaniste en guerre. Lettres 1914-1917, introduction, notes et postface par Pierre-André Meyer, Paris, L’Harmattan, 2011

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Jacquelin, Henri (1884-1918)

Son grand-père était instituteur ; son père, cadre dans l’administration des finances ; sa mère, catholique, baptisa ses sept enfants en cachette du père. Né le 15 décembre 1884 à Largentière (Ardèche), Henri est l’aîné. Il fait de solides études, entre à l’ENS en 1905, est agrégé de lettres en 1910. Professeur au lycée, il est élu maire SFIO de Quimper en 1912, mais abandonne ses fonctions en 1914 avant de s’engager alors qu’il avait été réformé pour myopie (il écrit, le 10 mai 1914 qu’il a « conscience d’avoir fait pendant deux ans du service public en compensation du service militaire que j’ai manqué, d’avoir pendant deux ans servi mes idées, d’avoir construit quelques bâtisses qui ne périront pas et qui seront de quelque utilité à des gens misérables, et d’emporter pour la moudre dans ma retraite une ample moisson d’idées tristes et de mépris »). Il est alors marié depuis 1909 à une enseignante à l’école normale de jeunes filles, et ils ont un enfant. Sa guerre est interrompue par une longue convalescence à Quimper du 27 septembre 1914 au 19 mars 1916, pour fièvre typhoïde et graves complications. Il meurt avec le grade de sous-lieutenant, le 26 septembre 1918 à Auve (Marne).
Au front, il constate qu’il a des maladresses d’intellectuel et qu’il n’arrive pas à faire respecter son autorité aux hommes. Il faut dire que ces Bretons sont souvent ivres, ainsi au repos, début août 1916 : « Depuis cinq jours, tous mes héros sont saouls ; ils courent les villages voisins, raflent le pinard, tombent dans les fossés […] Ils sont là, gisants, recroquevillés, les bras en croix, le nez dans les feuilles sèches, poussiéreux, inertes et trois fois morts. C’est la rosée du matin qui les réveille vers 3 heures, ils rentrent se coucher en marchant sur les dormeurs. Se réveillent à la soupe, retournent au pinard, s’endorment, se réveillent, boivent encore, vomissent, retombent et recommencent et continuent. » L’intellectuel est heureux lorsqu’il peut retrouver sa « pauvre chère solitude » et ses lectures sérieuses pendant que les hommes font inlassablement la manille. Il remarque que la guerre n’est glorieuse que dans la tête de certains intellectuels : « Grande douleur, ardent patriotisme, haute vertu, il y faut du génie. On gravit une des plus hautes pentes de l’histoire, mais l’homme reste toujours près de sa bête : amour, vin, argent, sommeil et manille. C’est la pauvre vie qui continue, sous le grand ciel » (19 mars 1916). Et, le même jour : « Dans la France d’aujourd’hui, au bout de deux ans, la guerre ne rayonne plus. Elle est devenue une tranquille habitude pour ceux qui la lisent et pour ceux qui la font. »
« La guerre est devenue pour tous ces hommes un métier qu’ils se piquent de faire proprement. On a sa conscience de mitrailleur, on a sa conscience de canonnier. Ce n’est pas le sentiment de la patrie qui soutient ces simples âmes, ni à plus forte raison celui du droit ou de la justice, ni même la haine des Allemands, « de pauvres bonshommes qui ont la même misère que nous », mais c’est le souci du travail bien fait. […] Le bon soldat, c’est un bon ouvrier et le bon chef ne brandit pas une épée : c’est un bon économe, un bon comptable, un bon entrepreneur de voirie. S’il y joint quelque mépris du danger, et de la bonté, il peut aspirer à tout » (25 mars 1916). La réflexion sur le rôle du chef se poursuit : « Causer avec les hommes, c’est le devoir essentiel. Je ne cherche pas à leur donner du courage : le courage est une improvisation de la bataille. Ni à leur remonter le moral : ils n’en ont point. Je cherche à les tenir en gaîté. Je leur parle de leur permission, du Noël prochain. Je leur promets de la paille pour leur literie, du papier goudronné pour empêcher la pluie de tomber sur leur gourbi à travers les rondins de la toiture » (25/12/1916). Il ne faut pas « s’éterniser au bridge pendant qu’ils piochent dans la boue et sous la pluie », remarque le chef de section. Mais il n’hésite pas, revolver au poing, à faire le serre-file lors d’une attaque (13 décembre 1916) : « Les obus rugissaient, assenaient leur choc formidable, éclataient à droite, à gauche, devant, derrière, partout. On était suffoqués par la fumée et le phosphore, assourdis par ce déchaînement de tumulte, criblés par les paquets de terre, éblouis par les flammes, bousculés par des poussées d’air chaud, soulevés, jetés en bas, cent fois tués, toujours vivants. J’allais à travers cette fin du monde, ayant fait mon deuil et poussant toujours, mon pistolet à la main, les moins valeureux de mes moutons. »
En contraste, voici l’évocation d’une permission (24 janvier 1917) : « J’ai retrouvé ma maison de Quimper dans l’immobilité des choses heureuses. J’ai fait avec douceur le tour de chez moi et il me semblait reprendre une vieille vie juste à la minute où la guerre m’en a arraché. La paix verte de mon cabinet, la chambre claire qui sent l’eau de Cologne, mes livres que je reconnais, que je salue et qui me tentent, moi qui à la tranchée n’arrive plus à terminer une revue. Sur ma table, les lettres intimes de Renan, les cahiers de Wagner sur mon pupitre, et dans mon tiroir les brins de balai pour déboucher ma pipe. La chanterelle même de mon violon ne s’était pas rompue, mes pantoufles avaient l’air de se moquer de mes bottes, mon feu flambait et je me laissais aller jusqu’au fond de mon grand fauteuil, assoupli et mis au point par mes vieilles lectures. »

RC (d’après les notes de Nicolas Mariot)
*Claire Jacquelin, De la rue d’Ulm au Chemin des Dames. Histoire d’un fils, trajectoire d’un homme, 1902-1918, Paris, L’Harmattan, 2000

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