
On trouvera ici des compléments à l'ouvrage d'André Loez, 14-18 les refus de la guerre. Une histoire des mutins, Paris, Gallimard, coll. "Folio histoire", 2010.
-Annexe à télécharger au format .pdf (tableaux, sources, bibliographie, documents).
-Entretien de l'auteur avec la Lettre du Chemin des Dames (.pdf)
-Entretien de l'auteur avec La Raison (pdf)
-Recension sur le site La Vie des idées (par Romain Ducoulombier)
-Recension dans Le Mouvement social (par Antoine Prost)
-Recension sur Nonfiction.fr (par Pierre Chancerel)
Ce livre étudie, pour la première fois, les mutins de 1917 eux-mêmes. En saisissant les pratiques et les discours protestataires au moment même où l’événement surgit, dans son intensité première, lorsque des mutins manifestent, chantent l’Internationale, envisagent de « marcher sur Paris », l’ouvrage replace les mutineries au cœur de la Grande Guerre, dont il permet de renouveler le récit.
Ainsi, dans les débats sur la guerre et la ténacité des combattants, il entend apporter une pièce manquante, à travers l’unique événement qui constitue, en France, une rupture frontale de l’obéissance et du consensus. Mais l’étude des mutins, de leurs gestes et de leurs mots, ne conduit pas à réactiver l’opposition simpliste du « patriotisme » et du « pacifisme ». Le livre redonne ainsi toute leur place aux hésitations des soldats, partagés entre dégoût du conflit et impératif du devoir ; aux incertitudes des officiers, entre désarroi et sévérité ; et à la force de l’institution militaire brièvement défiée. Il permet de repenser le refus de guerre, en retrouvant la difficulté de l’action collective dans le cadre improbable d’une armée en campagne. Cette étude des mutins est aussi l’histoire d’un échec, qui éclaire les logiques et les limites des mouvements sociaux les plus contemporains. C’est enfin l’histoire d’une répression, qui permet de comprendre l’arrière-plan des débats actuels sur la réhabilitation de ceux qui furent fusillés.
Retrouver les mutins, c’est comprendre la guerre en miroir, à travers les mots et les actes de ceux qui la refusèrent.


Nicolas Offenstadt, 14-18 aujourd'hui