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CAFFARENA Fabio, Dal fango al vento, Gli aviatori italiani dalle origini alla Grande Guerra (par Rémy Cazals)

CAFFARENA Fabio, Dal fango al vento, Gli aviatori italiani dalle origini alla Grande Guerra, Turin, Einaudi, 2010, 212 p., illust., index.

Fabio Caffarena est déjà connu des familiers du site du CRID. Il enseigne l’histoire contemporaine à l’université de Gênes et il est un des animateurs des Archives ligures d’écriture populaire, qui se préoccupent de rassembler les témoignages de gens ordinaires, en particulier sur la Première Guerre mondiale. Son dernier livre a pour sujet les origines de l’aviation italienne, au tout début du XXe siècle, en cherchant à préciser les réalités sociales cachées sous le mythe du pilote solitaire, gentilhomme, aristocrate. Comme il est de règle chez cet historien, il s’agit d’aller aux sources, en grande partie inédites, et de dépasser l’étude traditionnelle des « as » d’extraction nobiliaire ou bourgeoise. A la p. 205, la note des références aux archives est particulièrement utile. L’auteur s’intéresse, dès le départ, à tous les aspects du développement technologique, militaire et humain de la question, montrant que, pour certains pilotes issus des classes populaires, l’aviation pouvait représenter un véritable « décollage » social, qui, au final, pouvait être considéré comme un aspect de la modernité. Il souligne les dimensions de stupeur et de rapidité dans l’implantation de l’avion. En France, Jean Jaurès avait réagi à la traversée de la Manche par le « Hourrah ! », titre d’un article donné au journal toulousain La Dépêche, invitant les puissances à une « conquête de l’espace » à caractère international.

La modernité est apportée en particulier en Italie par le conflit. La Grande Guerre occupe la partie centrale du livre (p. 79-158). On devient alors aviateur par choix, par hasard, par passion, ou pour éviter les tranchées (d’où le titre du livre). L’aviation est liée à l’aspect de guerre industrielle, et il est nécessaire de parler aussi des « rampants », c’est-à-dire des « aviateurs qui ne volent pas ». L’auteur n’oublie pas de traiter du « spectacle de la guerre aérienne », distraction des fantassins englués dans la boue des tranchées, qu’il s’agisse du front italo-autrichien (ici) ou du front franco-allemand, comme on le constate en lisant d’autres témoignages. Le regard des uns sur les autres, des aviateurs sur les fantassins et des fantassins sur les aviateurs, est un aspect toujours à prendre en compte.

La troisième partie du livre pourrait être résumée par la formule « Volare a pieno regime ». Le régime fasciste a évidemment récupéré au maximum les exploits des aviateurs italiens de la Première Guerre mondiale, Mussolini ayant lui-même passé son brevet de pilote, et la propagande faisant les assimilations nécessaires. On retrouve ici la distinction faite dans un autre ouvrage de Fabio Caffarena entre les lettres de papier (véritablement écrites par les soldats) et les « lettres de marbre » (recomposées par la propagande fasciste).

Rémy Cazals

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