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Chronique – Brefs souvenirs 10/12 Du nouveau sur Jules Puech

Les utilisateurs du livre 500 témoins de la Grande Guerre ou du dictionnaire en ligne sur notre site ont pu lire les notices Puech (Jules) et Puech-Milhau (Marie-Louise). Pacifiste, rédacteur de la revue La Paix par le Droit, Jules Puech est l’auteur d’une thèse de Lettres, La vie et l’œuvre de Flora Tristan. Ses recherches ont commencé vers 1910 et le livre a été publié en 1925, après la longue interruption due à la guerre. Mais, sur les fronts de Verdun et de la Somme, en 1915-1916, Jules Puech continuait à penser au sujet pour lequel il se passionnait. Il lui arrivait même de parler de Flora à ses camarades de tranchées.

L’historienne irlandaise Máire Fedelma Cross, professeur émérite à l’université de Newcastle, vient de publier le livre In the Footsteps of Flora Tristan, A Political Biography, Liverpool University Press, 2020, 260 p. Les textes de Flora et de Jules Puech sont donnés en français et traduits en anglais. Le livre contient un cahier d’illustrations et une riche bibliographie.

L’originalité de cet ouvrage est la combinaison de deux biographies, celle de Flora et celle de son biographe Jules Puech. L’étude de la vie et l’œuvre de Flora Tristan avait été négligée à cause du compartimentage des thèmes, socialisme, féminisme, pacifisme. Les travaux de Jules Puech sur les pionniers du socialisme, et son militantisme féministe et pacifiste lui donnaient une position stratégique pour se lancer sur les traces de Flora. Le livre de Máire Cross est très original : jusqu’ici, aucune recherche de ce type n’avait été effectuée, plongeant dans les réseaux des deux personnages. Il est passionnant de voir comment a été comblé le fossé de temps qui sépare les deux vies : Flora Tristan morte en 1844 ; Jules Puech né en 1879. Ce dernier a réussi à trouver des textes inédits et à rencontrer des hommes et des femmes qui avaient eux-mêmes fréquenté des contemporains de Flora. Par exemple Henry Jagot, un journaliste qui avait connu dans sa jeunesse un vieil ouvrier typographe qui avait été en relation avec les pionniers du socialisme des années 1840 et en particulier Flora.

Jules Puech a toujours travaillé en lien étroit avec son épouse Marie-Louise, qu’il s’agisse des recherches sur Flora Tristan ou de la publication de La Paix par le Droit. Leur correspondance de la Grande Guerre, Jules sur le front, Marie-Louise à Paris, est une des plus riches. Elle a été publiée : Marie-Louise & Jules Puech, Saleté de guerre ! correspondance 1915-1916, présentée par Rémy Cazals, Éditions Ampelos, 2015, 572 p. D’après ces lettres, j’ai donné deux articles au site de la mission du Centenaire : « Paris 1916 » et « L’information d’une Française sur les batailles de 1916 ». Máire Cross prépare une biographie de Marie-Louise Puech-Milhau aux éditions Ampelos.

D’une part, cela ne nous éloigne pas de 1914-1918 et d’autre part cela témoigne de l’ouverture du CRID à d’autres périodes et à d’autres thèmes. Rien de ce qui est démarche historienne n’est étranger à notre groupe. On reviendra ici sur un témoignage précis sur la Grande Guerre en signalant la parution intégrale par Franck Le Cars du journal de guerre du brasseur d’Étreux (Aisne), surnommé Pabert : voir la notice d’Albert Denisse dans le dictionnaire des témoins en ligne sur notre site.

Rémy Cazals

Prochaine chronique : Brefs souvenirs 11/12 La mission du Centenaire

Chronique – Brefs souvenirs 9/12 Cinq cents témoins de la Grande Guerre

Brefs souvenirs 9/12 Cinq cents témoins de la Grande Guerre

En 2009-2010, le CRID cherchait un grand projet collectif pour marquer le centenaire de 1914-1918. Vint une idée un peu folle : créer une collection de livres de témoignages, un par département. La répartition de nos adhérents à travers la France laissait entrevoir une réalisation possible si on l’étalait sur plusieurs années… Mais le projet fut immédiatement torpillé par la phrase d’un politiste bien informé : « Il n’y aura plus de départements en 2014 ; ils auront été supprimés d’ici là ! »

Il fallut se replier sur la formule d’un livre d’analyse de témoignages qui pourrait venir en complément de celui de Jean Norton Cru. Celui-ci avait réuni 250 témoins en 1929 ; pour être pris au sérieux, il était nécessaire d’en trouver autant, différents. Nous en avons rapidement compté 300, puis 400. Pouvions-nous arriver à 500 ? Ce nombre a même été légèrement dépassé. Et tant qu’il s’agit de chiffres : le livre a 5 auteurs principaux, tous membres du CRID (Rémy Cazals, Jean-François Jagielski, Alexandre Lafon, Cédric Marty, Yann Prouillet), et 28 autres auteurs dont 11 membres du CRID. De nombreuses illustrations. Quatre index précieux : lieux, personnes, unités pour les militaires, thèmes. Alors que, dans le livre de JNC en 1929, les témoins appartenaient aux classes dirigeantes, intellectuels et étudiants, notre ouvrage de 2013 compte 50 % de témoins venant des classes populaires, paysans, artisans, ouvriers, petits commerçants, instituteurs ruraux…

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Chronique – Brefs souvenirs 8/12 Cinq thèses de doctorat

Brefs souvenirs 8/12 Cinq thèses de doctorat

Les thèses de doctorat de membres du CRID 14-18 ont été nombreuses. Ici, je vais en retenir cinq qui constituent un important apport à la connaissance de notre période.

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Chronique – Brefs souvenirs 7/12 L’Aisne et la Marne

Brefs souvenirs 7/12 L’Aisne et la Marne

Le CRID 14-18 a de fortes attaches avec le département de l’Aisne. Notre association a été créée à Soissons ; elle a son siège à la mairie de Craonne (voir la chronique précédente). Nos activités ont été largement soutenues par le conseil général du département. Citons la participation aux marches commémoratives du 16 avril et aux journées du livre autour du 11 novembre. Surtout il faut mentionner le soutien financier et logistique à l’organisation de plusieurs colloques universitaires, le premier en 2004, avant la création du CRID, pris en charge par la Fédération des sociétés d’histoire et d’archéologie de l’Aisne, les suivants directement par le CRID. Et la création de bourses de recherche sur l’histoire de la période 1914-1918 pour des étudiants en master 2 (sur un an) et en thèse de doctorat (sur trois ans). Le jury était composé de trois conseillers généraux et de trois membres du CRID (André Bach, Rémy Cazals, Frédéric Rousseau). Ici, il convient de souligner la remarquable assiduité de l’université de Montpellier-3-Paul-Valéry qui a présenté plusieurs candidats devenus lauréats des bourses de l’Aisne et qui ont participé pendant quelque temps aux activités du CRID. Nous verrons (dans la prochaine chronique) que les auteurs de thèses de doctorat qui travaillaient déjà à plein temps dans l’éducation nationale avaient aussi beaucoup de mérite d’être arrivés au bout de leur entreprise sans avoir demandé de bourse.

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Chronique 6/12 Craonne

Brefs souvenirs 6/12 Craonne

Vous partez de Toulouse en train en fredonnant la chanson de Craonne (prononcez Cra-onne) ; à la gare Montparnasse, vous prenez le métro, ligne directe vers la gare du Nord ; de là un train vers Laon (prononcez Lân) ; au chef-lieu du département de l’Aisne, un membre de la famille Genteur vous attend pour vous conduire en auto à Craonne (prononcez Crânne). Près du but, la route dépasse le site du vieux village détruit par la guerre, au pied du plateau de Californie et du Chemin des Dames. Vous arrivez à la mairie (voir la photo), très grand bâtiment qui n’est pas à l’échelle du nouveau village, construit après la guerre grâce à des dons de Suédois (présence du drapeau de la Suède lors des cérémonies commémoratives). La mairie dispose, à l’étage, d’une grande salle où ont lieu concerts, conférences et colloques universitaires. C’est dans cette mairie que Lionel Jospin a prononcé son fameux discours de 1998 appelant à réintégrer les mutins de 1917 dans la mémoire nationale.

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Chronique – 5/12 Deux colloques dans le département de l’Hérault

 

Brefs souvenirs 5/12 Deux colloques dans le département de l’Hérault

Les 20 et 21 novembre 1998, se tenait à Montpellier le colloque publié ensuite en 2002 : La Grande Guerre 1914-1918 : 80 ans d’historiographie et de représentations, sous la direction de Jules Maurin et Jean-Charles Jauffret, Montpellier, UMR 5609, Université Paul Valéry, 2002, 412 p. Parmi les intervenants, Frédéric Rousseau et Rémy Cazals ; parmi l’auditoire, Marie Llosa et François Bouloc ; tous quatre futurs membres du CRID 14-18.

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Chroniques – 4/12 La FAOL

Brefs souvenirs 4/12 La FAOL

Il ne faut pas oublier que c’est la Fédération audoise des œuvres laïques (FAOL), Ligue de l’Enseignement, qui a lancé l’édition de Louis Barthas avec la fabrication artisanale d’une plaquette de format A4 tirée en offset à 500 exemplaires, reprenant sur 72 pages des extraits du manuscrit pour utilisation en classe. La plaquette fut envoyée à François Maspero, et la réponse positive de celui-ci fut immédiate : une édition intégrale s’imposait. La FAOL participa largement à la diffusion et au succès du livre.

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Autour de la tombe du Soldat inconnu français : un débat engagé

Autour de la tombe du Soldat inconnu français : un débat engagé

Jean-François Jagielski

Nous allons, ce 11 novembre, commémorer le centenaire de l’arrivée du Soldat inconnu à Paris. Il fut amené jusqu’au 28 janvier 1921, date de son inhumation définitive, dans une partie haute de l’Arc de Triomphe de l’Etoile pour y être honoré, bien qu’initialement ce n’est pas ce lieu mais le Panthéon qui avait été pressenti par les autorités de la République française. Ce qui aurait pu être un moment d’apaisement et de pur recueillement, lié au deuil de la nation française, ne le fut pas. Des divergences de points de vue entre une partie de l’extrême-droite (soutenue par certaines associations d’anciens combattants) et le gouvernement Leygues sur le choix du lieu d’inhumation furent à l’origine de nombreux débats polémiques dans la presse, à la Chambre et au Sénat, qui firent durablement de ce tombeau un point de cristallisation des querelles idéologiques franco-françaises. Les Anglais, assurément plus consensuels, firent de même, à la même date, inhumant leur Tommy anonyme à l’abbaye de Westminster. En cela, ils précédèrent les Français puisque l’inhumation définitive du Soldat inconnu sous l’Arc de Triomphe n’eut lieu au final que le 28 janvier 1921. Les deux pays précurseurs furent suivis par de nombreux autres États qui leur emboitèrent le pas1, parfois tardivement puisque l’idée d’inhumer un soldat anonyme prévalut jusque dans les années 2000 au Canada.

Le présent article s’appuie sur une étude du cas français que nous avions publiée en 20052. Il vise à montrer les différentes et laborieuses étapes de construction d’un concept né en 1916 et qui ne s’acheva, côté français, que cinq ans après son initiation.

1François Cochet, Jean-Noël Grandhomme (dir.), Les soldats inconnus de la Grande Guerre. La mort, le deuil, la mémoire, SOTECA, 2012.

2Jean-François Jagielski, Le Soldat inconnu. Invention et postérité d’un symbole, Imago, 2005.

1 François Cochet, Jean-Noël Grandhomme (dir.), Les soldats inconnus de la Grande Guerre. La mort, le deuil, la mémoire, SOTECA, 2012.

2 Jean-François Jagielski, Le Soldat inconnu. Invention et postérité d’un symbole, Imago, 2005.

Pour lire la suite et l’intégralité de l’article de Jean-François JagielskiSi débat engagé JFJ

Chroniques – 3/12 François Maspero

Brefs souvenirs 3/12 François Maspero

Personnage marquant de la vie intellectuelle de la deuxième moitié du XXe siècle, François Maspero (1932-2015) a-t-il un rapport avec l’histoire de la Première Guerre mondiale ? D’une part, nous verrons que oui ; d’autre part, rien ne nous interdit de sortir du domaine spécifique du CRID 14-18. Continue reading « Chroniques – 3/12 François Maspero »