Evrard, Georges (1877-1916)

Né le 1er mars 1877 à Bar-sur-Aube (Aube). Études de médecine. En 1904, il termine sa thèse et se prépare à se marier. Militant à l’Action catholique de la Jeunesse française, il écrit à sa femme en 1912 que « le devoir urgent à l’heure actuelle, c’est de travailler de toutes ses forces à la restauration du Règne de Jésus-Christ ». Père de six enfants., il est mobilisé dès le 2 août 1914 dans le service de santé, une ambulance dans le secteur de Verdun. Gravement blessé comme médecin aide-major de 1ère classe au 168e RI, il meurt le 22 octobre 1916 à Sens. L’Association pour l’autobiographie et le patrimoine autobiographique conserve de lui deux carnets de guerre et une centaine de lettres adressées à sa femme.
Du 2 août 1914 au 23 janvier 1916, le corpus de lettres ne représente pas la totalité, puisqu’il écrivait tous les jours, exprimant amour pour sa femme et affection pour ses enfants, donnant des conseils médicaux et surtout se préoccupant de leur éducation chrétienne. L’autocensure s’exerce ; il ne décrit pas les horreurs de la guerre, mais plutôt des promenades à cheval et la pratique de la photographie ; il ne signale pas son hospitalisation en septembre 1914. Ce sont les carnets qui en disent plus. Ils sont tenus régulièrement d’août à novembre 1914, beaucoup moins ensuite, et le deuxième carnet ne va pas au-delà du 4 mars 1915, peut-être en raison de la mort d’un de ses grands amis. Les carnets expriment les mêmes sentiments catholiques que les lettres et témoignent d’une pratique assidue : messe, communion, chapelet, etc. Il fréquente de préférence les ecclésiastiques, nombreux dans le service de santé. Il espère la victoire sur l’Allemagne, et une deuxième victoire, celle du Christ en France. Il admire le courage des hommes des tranchées, vivant dans des conditions abominables. Mais il lui arrive de critiquer les chefs et même certains de ses confrères qui ne prennent pas suffisamment soin des combattants. En ce qui concerne le service de santé, comme tous les médecins du front ou de l’arrière-front, il oppose les périodes de sous-emploi à celles où on est submergé par le nombre de blessés (voir Albert Martin, Prosper Viguier, etc.).
Rémy Cazals
* Fonds de l’APA n° 3051 et 3052. Notes de Michel Baur dans Garde mémoire, 2011, n° 10, p. 25-26.

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